[ PODCAST ] La maille inversée !

6 février 2020 0 Par Tom Court

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Chers lecteurs, je vous fais part aujourd’hui de mon tout premier podcast qui s’interroge sur le principe de la maille inversée ! Une question d’actualité face à la prise de conscience d’un bon nombre de pêcheurs.

Pourquoi un podcast ? Hé bien je pense aux plus pressés d’entre vous qui n’ont pas le temps de lire mes articles en entier. Ou même des les lire tout court. Vous pourrez grâce aux podcasts d’Apprendre la Pêche en Ligne écouter mes  lors vos déplacements. Que vous soyez en voiture, métro, train ou tout ce que vous voulez.Vous pouvez apprendre la pêche sans efforts. Je pense vraiment qu’écouter des podcasts pendant nos temps de déplacement est un de meilleurs moyens de gagner du temps tous les jours.

 

Voici le document dont vous aurez besoin pour me suivre correctement. 🙂

 

3 pyramides pour 3 conditions différentes

Photo explicative tirée du forum Carnalor.

 

 

 

Transcription texte grâce à Youtube. Il se peut que la transcription ne soit pas parfaite ( tournures, fautes … )

 

Bonjour et bienvenue pour ce premier podcast du blog apprendre la pêche en ligne.com, je m’appelle Tom et dans ce contenu je vais vous expliquer ce qu’est la maille inversée et surtout qu’est ce que j’en pense si on l’appliquerait en France.

 

Alors tout d’abord cette idée de faire un podcast sur ce sujet elle m’est venue en fait des nombreuses constatations que moi même je découvre et que les pêcheurs que je connais m’ont fait part.

 

Faut savoir qu’en France la réglementation actuelle elle ne permet plus de conserver des rivières et des plans d’eaux poissonneux. Puisque par exemple on nous autorise de prélever un brochet environs de 60 cm mais c’est prélever en fait un brochet qui rentre à peine dans son statut de bon gros producteurs. Donc c’est un bilan qui est alarmant qu’on constate au quotidien puisque comme je vous ai dit il y   a beaucoup du pêcheur qui partent vers l’étranger en Irlande ou en  Suède par exemple pour faire le plein de sensations fortes. On pourrait se demander pourquoi la France c’est pas l’une des premières destinations de pêche pour s’en prendre plein les yeux et surtout plein la canne. Sûrement parce que la réglementation elle et je dirai pas peu intelligente mais elle a pas assez de recul par rapport à la situation actuelle.

 

La réglementation actuelle elle est surtout très très mal appliquée. Donc  on a bien évidemment une prise de conscience qui s’est faite par les pêcheurs sur la situation actuelle. En fait ça s’explique simplement on a toutes les sorties qui sont de moins en moins poissonneuses et on a surtout des bredouilles qui sont de plus en plus régulières.

 

S’ajoute à cela je pense le fait qu’il y a beaucoup de débutants qui chaque année se lance dans la pêche pour un retour aux sources, un retour à la campagne. Mais en fait ils se voient assez vite démoralisés en fait en vu de l’absence de poissons et donc voilà pour les encourager faudra avoir des poissons … des rivières et les lacs qui soit beaucoup plus poissonneux.

 

Donc pour ma part faudrait faire bouger les choses et surtout on a la chance d’avoir des voisins qui appliquent des réglementations différentes et qui fonctionnent sur le long terme notamment en Irlande donc pourquoi pas se calquer sur ces réglementations. La réglementation que j’ai en tête c’est la maille inversée.

 

Avant du coup d’aller plus en profondeur il faut bien évidemment que je vous définissent ce qu’est la maille inversée. Ça semble être une bonne réglementation pour la gestion de nos cours d’eau et de nos rivières, et c’est notamment en fait le même processus qu’est appliqué en Irlande et qui porte ses fruits. Car les poissons sont en nombre et de belle taille alors on peut se demander pourquoi pas chez nous … Son principe est simple, elle se résume à une phrase : elle vise à protéger le poisson reproducteur qui assure la descendance en interdisant son prélèvement. Alors ça peut être sur le papier assez efficace mail il faudrait déjà voir, faudrait déjà reconnaitre ce qu’est, ce qu’on qualifie de bons reproducteurs.

 

Alors donc il y a plusieurs éléments qui sont à prendre en compte pour analyser la tranche la tranche d’âge et la tranche de taille où le poisson est d’avantage apte à la reproduction.

 

Contrairement à beaucoup de personnes faut savoir que, enfin que ce soit des pêcheurs ou non faut savoir que les poissons trophées c’est à dire les plus gros poissons, les sandres d’un mètre ou les brochets d’un mètre 20 par exemple. C’est pas forcément les poissons les plus intéressants pour assurer la descendance. Même si la quantité d’oeufs elle augmente avec l’âge la qualité évolue dans le sens contraire pour arriver même à une infertilité de l’individu.

 

Voilà donc c’est protéger en priorité les plus gros spécimens ça ne semble pas être la meilleure réglementation à faire parce qu’elle n’apporterait pas des bons résultats sur le long terme.

 

Cependant je pense que en comparaison avec la réglementation actuelle elle ne pourrait présenter qu’un bilan plus positif qu’aujourd’hui. Faut savoir donc que les brochets femelles elles sont aptes à la reproduction qu’à partir de 3 ans à ce stade elle font entre 50 et 60 cm contrairement aux brochets mâles qui ne font que 45 cm puisqu’ils ne sont fertiles qu’à partir de la deuxième année.

 

Donc il faut savoir que du coup que les brochets depuis de 60 cm mâles et femelles confondues entre dans leur pleine période de reproducteurs efficaces. Ils semblent être les individus à protéger voilà les individus entre 60 et 90 cm en moyenne. Pour les sandres par exemple voilà je pense qu’une tranche de taille entre 50 et 80 cm pourrait donner de beaux résultats à long terme.

 

Attention bien évidemment, les mesures que je donne là elles sont théoriques et il faut vraiment les adapter en fonction des conditions du milieu puisque d’un cours d’eau à l’autre on a des conditions qui sont différentes et donc on a une dynamique de l’espèce qui est bien évidemment différente.

 

Alors la maille inversée du coup comme je viens de le dire ça vise tout simplement à protéger le poisson reproducteur.

 

Prenons l’exemple des brochets, la réglementation interdirait tout prélèvement d’individus compris entre 60 et 90 cm elle autoriserait également le prélèvement du coup des brochets inférieurs à 60 cm et supérieurs à 90 cm.

 

Dit comme ça si on pourrait prélever tous les petits brochetons qui représenteront la population reproductrice ça peut surprendre mais avec un petit peu d’analyse tout semble rentrer en ordre. Par exemple avec la loi actuelle, on nous autorise plutôt à prélever les brochets de plus de 50 voire 60 dans différentes régions cm. Cependant, on peut se poser la question qui assure donc la continuité de l’espèce puisque les femelles ne sont fertiles qu’à partir de 60 cm. forcément sur le long terme y aura un déséquilibre déséquilibre qu’on voit et qu’on constate de nos jours.

 

Alors maintenant il faut voir si c’est une solution pour l’avenir puisque en théorie cette nouvelle loi elle permettrait la conservation des meilleurs producteurs pour assurer une bonne dynamique de l’espèce et également une totale satisfaction des pêcheurs puisque je rappelle on essaye de trouver une réglementation qui puisse correspondre à la fois aux espèces qui sont prises en compte. C’est à dire qu’on ait une bonne population de beaux spécimens. Et surtout une totale satisfaction des pêcheurs avec des prises qui soient régulières et de belle taille.

 

Avec le principe de la maille inversée, on pourrait constater que la moyenne en cm des brochets capturés augmenterai au plus grand plaisir des pêcheurs qu’ils soient débutant ou plus expérimenté.

 

Ensuite, faut du coup, pour soutenir les propos que j’ai tenu, j’avais envie de faire une petite comparaison avec la sélection naturelle. Faut savoir que la sélection naturelle c’est : sous l’effet de la compétition avec les autres individus et notamment la pression exercée par le milieu on a certains individus qui survivent  mieux que d’autres et donc laissent davantage de descendance.

 

Donc après pour ce qui aiment bien l’svt, les allèles qu’ils portent sont donc transmis de façon privilégiée à la génération suivante et la sélection naturelle accroît la fréquence de certains génotypes et adapte les organismes ici des poissons à leur milieu au fil des générations donc les poissons sont adaptés au milieu. Bon ça c’était une petite définition que j’ai pris de mon cahier de terminale en svt pour le bac mais bref donc faut savoir que les brochetons qui donc les brochetons à partir d’1 cm jusqu’à 40 50 cm ils sont très vulnérables.

A la fois aux attaques sous l’eau, par les autres poissons ( sandres, silures ) serpent, ou par exemple le brochet car c’est un cannibale. Mais également par les attaques du ciel comme les cormorans qui mangent énormément de poisson fourrage et notamment des carnassiers comme les petites perches ou les petits brochets. Les goélands , par exemple comme au lac du Salagou. Les plus gros spécimens en faite, outre le faite qu’ils sont prisés par tous les pêcheurs en tant que poissons trophées, ils ne peuvent plus assumer leur rôle de reproducteurs efficaces et comme tout être vivant ils finissent par mourir.

 

Bref voilà donc sur le lac par exemple sur un lac ou un plan d’eau, qui est dépourvue d’activité humaine se sont les brochets de taille moyenne entre 50 et 80 cm qui représente la population reproductrice et assure la survie de l’espèce. On peut bien évidemment raisonner là je prends l’exemple du brochet mais on peut réfléchir comme ça sur le sandre, ou même le black-bass.

 

Je dirais que le but de la maille inversée se serait alors de se rapprocher au maximum des prélèvements naturels que subit une rivière ou un plan d’eau en temps normal.

 

On peut se demander maintenant si on prélève les brochetons qui seront les futurs reproducteurs voilà c’est une bonne question. Mais je voulais vous montrer une image qui est en dessous de ce podcast. Et vous allez voir avec moi, on va la détailler ensemble. Voilà donc bon je vous laisse regarder un petit peu.

 

Donc on a trois pyramides, alors la première pyramide ça nous montre la concentration de brochet en fonction de la tranche de taille sans intervention humaine voilà donc on s’aperçoit qu’on a énormément de brochetons qui sont présents en masse et que plus la taille des brochets augmente plus les brochet se font rares ce qui est assez normal.

 

La deuxième pyramide nous présente simplement le résultat de notre réglementation actuelle donc c’est assez compliqué de s’en sortir… Comment voulez vous sortir de l’eau à chaque fois des brochets de plus 70 80 cm avec une loi pareille ? En effet, on voit que les reproducteurs ne sont pas protégés, mais que au contraire, on protège les brochetons. Pour un débutant ça peut être sympa puisque voilà un brochetons c’est quand même un brochet. Donc on se dit, ouais on a pêché un brocheton, Mais quand on pêche que des brochets de 40 cm bon ça devient un petit peu pénible.

 

La dernière pyramide, on voit que les brochets en bleu c’est les poissons qui sont rajoutés et les poissons en rouge sont les poissons qui sont prélevés. La dernière pyramide elle nous montre les intérêts de ne capturer que les poissons de moins de 65 cm. On voit les résultats enfin je vois les résultats comme vous les voyez les poissons en bleu ils représentent les poissons en plus et c’est bien différent que la pyramide que l’on a aujourd’hui. On voit également que c’est pas les brochetons qui manquent. Même si on autorise leur prélèvement , on a le phénomène du No-kill qui permet la remise à l’eau de nombreux poissons quelque soit leur taille.

 

Alors maintenant je voulais vous parler des résultats à long terme qu’on pourrait attendre de l’utilisation de cette maille inversée. On pourrait prélever les brochets de moins de 60 cm et ce de plus de 90 cm, on peut trouver cela honteux mais c’est exactement ce qui se manifeste en pleine nature. La pression exercée par les pêcheurs aurait un impact non négligeable mais non menaçant ( nuance ) pour la population des carnassiers.

 

Comme j’ai dit tout à l’heure on a l’émergence du no kill qui consiste à relâcher le poisson directement après la capture quelques soit sa taille. On aurait toujours, la présence de gros brochets même avec une réglementation qui ne les protègent pas. En effet, on observe depuis quelques années l’émergence du no-kill ( catch and release ). Pour les brochetons, un prélèvement continue n’aurait aucun impact trop important sur leur population.

Bien entendu, on a l’émergence des parcours no kill ou tout simplement du no kill qui vient et qui comment dire, donne un nouveau souffle aux espèces de poissons. Par exemple, avec mon père on a pêché un brochet d’1m19 ça veut pas dire qu’on la mangé, on l’a relâché. Ce n’est pas parce que on a une réglementation qui autorise le prélèvement des plus gros brochets, que ces derniers vont tous finir dans la casserole ! On a une prise de conscience des pêcheurs et donc du coup on a ces mouvements no kill qui touchent de plus en plus de personnes puisqu’on constate bien qu’il ya un problème et que on a les espèces de poissons qui ont tendance à diminuer et les sorties de plus en plus, comment dire, difficiles.

 

Là où je voulais en venir également c’est qu’en fait on a quand même cette chance de voir les résultats qui sont très encourageants de nos pays voisins comme l’Irlande. C’est un pays qui utilise le principe de la maille inversée car elle interdit le prélèvement de tout brochet supérieur à 50 cm ! Autrement dit c’est l’inverse de la réglementation française ça peut porter à sourire mais moi je trouve ça plutôt triste. En comparaison avec la France, on peut quand même constater de magnifiques résultats en Irlande. De si beaux résultats qu’en fait c’est devenu un pays emblématique pour la pêche du brochet. La maille inversée est une solution qui marche si l’on s’en donne les moyens.

 

Le dernier point que je voulais abordé c’était les limites de cette maille inversée. elle n’est pas simple à mettre en place parce qu’elle nécessite une très bonne connaissance du milieu sur lequel elle va s’exercer. Comme j’ai dit tout à l’heure la population reproductrice peut être différente en fonction du milieu dans laquelle elle évolue. Enfin c’est pas une loi à prendre à la légère à mettre en place sur un coup de tête puisque en fait la mise en place nécessite une organisation stricte pour ne pas endommager davantage le site.

Il me semble difficile et assez laborieux d’arriver à de bons résultats en appliquant seulement ce principe de la maille inversée. On a d’autres aménagements qui doivent avoir lieu comme la construction ou l’entretien de frayères assurant l’existence des générations futures. C’est bien beau d’avoir une réglementation au top, mais si on ne met pas en place des frayères, des zones qui sont idéales pour la reproduction bon ben voila, ça va être compliqué.

 

Je dirais dans un premier temps que pour protéger ces frayères, l’existence de parcours no-kill serait une excellente solution. Il serait même envisageable de protéger ces frayères reconnues en interdisant la pêche toute l’année.

 

Bien évidemment là je ne dis pas que le brochet se reproduit toute l’année il se reproduit dans les premiers mois de l’année entre février mars avril, mais pour avoir un bon équilibre du milieu c’est quand même assez intelligent d’interdire la pêche sur des parcours reconnues avec des frayères de qualité.

 

Alors le sujet qui fâche, avant de mettre en place des nouvelles lois, faut bien évidemment faire appliquer la loi actuelle… ce serait déjà une belle réussite. Car se faire contrôler 3 fois en 30 ans, ou 0 fois pour ma part, je trouve ça honteux. On se demanderait pourquoi on prend notre carte de pêche.

 

Faudrait commencer par les bases en contrôlant les pêcheurs et en sanctionnant les braconniers, en contrôlant les pêcheurs quotidiennement. Moi j’ai entendu des personnes qui disent qu’à l’étranger les contrôles sont très fréquents et à chaque fois qu’ils vont faire une sortie de pêche ils sont controlés.

 

Donc maintenant ce qu’on a à notre portée ce qu’on peut faire à notre échelle c’est d’effectuer les bons gestes pour prôner le no kill. Mais également de proposer de nouvelles solutions à nos fédérations de pêche. J’espère que devant le constat alarmant elle devrait avoir une prise de conscience comme nous on l’a eu…

 

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