Le silure, un nuisible qui bouleverse les milieux !

Le silure, un nuisible qui bouleverse les milieux !

27 mars 2020 8 Par Tom Court

 

De nos jours, il est difficile de passer à côté du silure glane (silurus glanis). En effet, vous êtes pêcheur, vous l’avez sûrement déjà eu au bout de votre ligne. Vous ne pêchez pas, mais vous avez sans doute lu des histoires terrifiantes le concernant. Pourquoi le silure est-il au coeur des débats ? Pourquoi fait-il couler beaucoup d’encre ? Pour quelles raisons un bon nombre de personnes (pêcheurs ou non) veulent l’éliminer ? Je vous propose d’éclaircir le débat en nous questionnant sur le sujet, études et sondage à l’appui.

Pouvant atteindre 2 mètres sans problème, et dépasser la barre des 100 kilogrammes, le silure est le plus gros carnassier de France, mais également de toute l’Europe. Le record de France est à ce jour un silure de 2 mètres 75 pris sur le Tarn en 2017.

L’introduction en France de ce carnassier est assez floue. On pense qu’il aurait été introduit dans la pisciculture de Huningue en 1857. Pour ensuite être introduit en petite quantité dans le Doubs vers 1890. Il a également été introduit dans la Sâne Morte en 1968 et a colonisé peu à peu les bassins aux alentours grâce aux canaux de navigation. Mais c’est par le biais de l’Homme que le silure a pu se répandre aussi vite. Des introductions volontaires ont été menées sur différents fleuves français. Ainsi, en 1975 dans le bassin de la Loire, en 1976 dans la Seine, en 1983 dans le Tarn, ou en 1989 dans la Garonne, les premiers silures glanes ont pu être observés.

Depuis des dizaines d’années, le silure est au coeur de débats. Il se voit disputer la place de nuisible ou non nuisible. Sa morphologie impressionnante, son statut de carnassier mais également le manque de connaissances que l’on possédait à l’époque lui ont causé beaucoup de tort !

 

Ce que l’on pense sur le silure

 

De nos jours, prononcer le mot silure c’est entrer dans un débat sans fin avec des échanges quelques fois pimentés. Mais nous ne sommes pas là pour ça ! J’ai décidé que publier un sondage sur un groupe de pêche pouvait rendre le sujet plus intéressant avec une approche plus ludique. Partir de l’avis d’un internaute pour ensuite le soutenir ou le démontrer avec des études scientifiques.

 

sondage silure nuisible

 

 

Le silure, c’est une espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques, autrement dit il doit être considéré comme une espèce nuisible ! Voici le sentiment de 22,4 % des pêcheurs après un sondage regroupant plus de 720 votes sur le groupe Facebook : peche aux leurres. Un bilan différent puisqu’un ancien sondage partagé par la Fédération de pêche de l’Indre avait mis en lumière que 35 % des votants qualifiaient le silure comme une espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques. Aujourd’hui c’est 12,6 % de moins !

 

Quelques commentaires pour justifier son choix

 

De nombreux commentaires ont été posté sous ce sondage expliquant les raisons de leur choix. En voici une petite sélection :

 

“S’il est présent c’est qu’une niche écologique était disponible pour lui…. La faute au déclin d autre carnassiers du a notre gestion des eaux…” un internaute.

 

“Il deviendra nuisible bien sûr. Il bouffe tout, même les canards. C’est une catastrophe écologique il n’a rien à faire dans nos eaux” un internaute.

 

“Il a toute sa place. Nos grand-père ont considéré le brochet comme nuisible et maintenant notre génération commence tout juste à retrouver le plaisir de pêcher ce poisson roi” un internaute

 

“Pour moi les pêcheurs professionnels font plus de casses que le silure ainsi que la pollution” un internaute.

 

“J’ai voté la raison du “bouleversement” mais je ne le considère pas entièrement comme un nuisible… Il a sa place mais ça dépend de la rivière” un internaute.

 

“J’ai longtemps pêché un petit bassin de récupération derrière une passe à poissons, j’ai toujours fait des bass et des perches. Mais l’an dernier quedal, pas un seul fish même en insistant jour après jour… Jusqu’au moment où un gros moustachu d’au moins 1m70 est venu taper sur mon crank, j’crois pas en la coïncidence pour le coup” un internaute.

 

C’est grâce aux silures que nos eaux sont de plus en plus propres” un internaute.

 

“Sujet ultra sensible…Tout dépend du milieu où il évolue . Il a sa place. Mais dans certaines conditions il va prélever des sandres, perches, brochets, carpes, anguilles etc.” un internaute.

 

Ce que l’on peut en tirer

 

Avec plus de 150 commentaires sous le sondage, ce que l’on remarque, c’est que les opinions sont multiples, diversifiées et surtout nuancées. Dans la plupart des cas, le silure est perçu comme un prédateur lambda sans spécialement nuire à la survie d’autres espèces. L’idée que le silure doit être éliminé et qualifié d’espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques revient rarement, mais revient tout de même. Les réponses nuancées sont également très nombreuses. L’importance de la prédation du silure peut être différente en fonction du milieu où on l’introduit. En effet, sur des petits milieux (rivière classée première catégorie, petits étangs), l’impact du silure serait plus important que sur des lacs importants ainsi que les grands fleuves. Analysons cela en détail.

 

Ce que les études mettent en lumière

 

Au centre de débats et de polémiques, des études étaient nécessaires pour mesurer l’impact du silure dans nos eaux françaises. De ce fait, plusieurs études ont été menées, j’en retiendrai deux pour appuyer mes propos :

Deux études très sérieuses, sur des fleuves importants qui sont la Garonne et La Dordogne. Menées sur plusieurs mois, elles ont pour but un avis objectif sur cette nouvelle espèce, souvent considérée comme bouc-émissaire et responsable du déclin de la ressource halieutique.

 

Colonisation rapide des cours d’eau et expansion de l’espèce

 

Depuis une trentaine d’années, le silure a colonisé la plupart des fleuves et grands lacs français. C’est avant tout, il faut bien le dire, grâce à l’Homme que le silure a pu accéder à la majorité des fleuves et lacs français comme le Lac du Salagou. Mais comment expliquer une colonisation aussi rapide des milieux ainsi que l’explosion du nombre de silures depuis ces dernières années ?

 

Un poisson rustique

 

Le silure est un carnassier rustique. Ce qui explique une facilité d’adaptation à la plupart des milieux dans lequel il est introduit. Autrement dit, c’est une espèce euryèce. Le silure présente une grande résistance à l’hypoxie (jusqu’à 1,5 mg 0²/L) ce qui explique sa présence dans des étangs ou lac dépourvus d’arrivées ou de sorties d’eau. Il peut évoluer dans des eaux dont la température est comprise entre 3 et 30 degrés. Mais pour correctement se développer, il préférera une eau entre 25 et 28 degrés. Ce que l’on remarque, c’est que les eaux des lacs et fleuves français sont comprises dans cette tranche de température. Le silure, à votre plus grande surprise, peut évoluer dans des eaux saumâtres jusqu’à une salinité de 10 g/L !

Les eaux françaises répondant à ces critères, le silure a pu se développer correctement, notamment dans le sud de la France, comme le Tarn ou l’Hérault. De plus, le réchauffement climatique que l’on constate de nos jours ne pourra qu’accélérer la colonisation d’autres milieux par les silures. En effet, il aura pour conséquence un réchauffement des eaux qui permettra au silure la colonisation des eaux du nord.

 

Une niche écologique disponible

 

Reprenons le commentaire d’un internaute : “S’il est présent c’est qu’une niche écologique était disponible pour lui…. La faute au déclin d’autres carnassiers dû à notre gestion des eaux…”. Ainsi, il pourrait cohabiter avec les autres espèces de poissons sans avoir de concurrence réelle et directe. Analysons ensemble un tableau issu de l’étude faite par Mathieu guillaume pour mettre en lumière ou non la présence d’une niche écologique disponible pour le silure.

 

Résultats :

 

Ce tableau met en lumière les principales caractéristiques de la niche écologique du silure et d’autres carnassiers. Ce que l’on constate dans un premier temps, c’est que l’accès aux zones de frai ne posera pas problème. En effet, on s’aperçoit que les températures pour enclencher la reproduction sont différentes chez toutes les espèces. De plus, les zones de frai sont différentes pour la plupart de ces espèces. En guise d’exemple, le silure appréciera les bordures dotées de végétaux pour que les oeufs s’y fixent alors que le brochet lui, se reproduira dans des zones humides, de type prairies inondables où l’eau sera fraîche et présente minimum 60 jours.

Bien que la taille et le type de proies sont similaires chez le silure et le brochet, les zones de chasse sont différentes. Le brochet sera en activité dans des zones peu profondes et encombrées, alors que le silure préférera des zones plus profondes munies d’un courant (zone type lotique). Ainsi, malgré des proies potentiellement identiques, il n’y a pas de concurrence directe pour l’accès à la nourriture. Même constatation avec le black-bass.

Seule une concurrence pour l’accès à la nourriture pourrait être révélée entre le sandre et le silure. En effet, leur période de chasse, zone de chasse et proies sont identiques. Cependant, les plus gros silures peuvent se permettre des proies de taille importante, inaccessibles pour le sandre. Mais, pour concevoir une réelle concurrence qui nuirait à la survie d’une des deux espèces, il faudrait une ressource en poisson fourrage limitée ce qui n’est pas le cas dans nos lacs et rivières français. Ne pas oublier qu’en hiver, le silure est complètement inactif. Le sandre a donc toute une réserve de nourriture qui lui est destinée.

 

Conclusion

 

Ainsi, la croissance rapide du silure dans les eaux françaises s’explique par une niche écologique disponible pour ce carnassier. Le silure a pu se développer très rapidement sans spéciale concurrence avec les autres espèces. En effet, il a utilisé les ressources du milieu encore non exploitées.

 

Alimentation du silure et conséquences

 

Étudions désormais le régime alimentaire du silure. Que mange-t-il ? Quelle quantité ? Quelles sont les conséquences ? Je vous propose de partir d’un commentaire sous le sondage pour ensuite lui apporter une réponse nuancée : “Il deviendra nuisible bien sûr. Il bouffe tout, même les canards. C’est une catastrophe écologique il n’a rien à faire dans nos eaux”.

 

Un carnassier opportuniste

 

Le silure est un poisson opportuniste. En effet, pour limiter ses dépenses d’énergie, il s’attaque aux proies les plus accessibles. En effet, le silure ne se nourrit pas essentiellement de poissons. Il peut s’attaquer à des petits mammifères (rats), oiseaux (canards), reptiles (serpents), crustacés (écrevisses) ou encore batraciens (grenouilles). Voici pour soutenir mes propos un tableau récapitulatif de fouilles stomacales après capture des silures. Tableau issu de l’étude du silure sur la Dordogne :

 

 

Grâce à ce tableau, on s’aperçoit que les proies sont nombreuses et diversifiées. En effet, après les fouilles stomacales, on a recensé 4 espèces de migrateurs, 7 espèces de cyprinidés, des crustacés, des mollusques, et d’autres proies non identifiées. Ainsi, au total 16 espèces ont été retrouvées dans l’estomac des silures.

 

Grande capacité d’adaptation

 

Ce carnassier n’est pas cantonné à ne consommer que des poissons mais peut élargir son régime alimentaire. Voici en vidéo, un exemple parfait qui prouve la grande capacité d’adaptation du silure dans les milieux où il a été introduit.

 

 

Attention, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le silure en s’alimentant ne “vide” pas nos rivières et plans d’eau. Voici quelques chiffres issus de la thèse de Mathieu Guillaume:

  • Le consommation journalière du silure est de 1,5% de son poids vif. Ainsi, sur une année, il aura consommé entre 177 et 297% du poids total. Contrairement à un cormoran adulte qui ingurgite 500 grammes de poissons par jour !
  • Dans la plupart des cas, lorsque le silure s’attaque à des grosses proies, elles ne font en général pas plus de 10% de la longueur du silure. Contrairement au brochet qui peut s’attaquer à des proies qui représentent 20% de son poids, et pouvant mesurer jusqu’à la moitié de sa taille. Ainsi, le silure ne s’attaque pas à des proies démesurées comme nous le laisse penser sa gueule imposante.
  • Le processus de digestion chez le silure ne s’active qu’à partir des 10 degrés. Ainsi, en hiver, il s’aliment peu voire pas du tout. Aucune concurrence n’est alors présente laissant champ libre aux autres carnassiers.

 

Conséquences

 

Comme on l’a constaté, le silure se tourne vers les proies les plus accessibles et les plus abondantes. Ainsi, le silure aura une prédation importante sur l’espèce la plus développée du milieu. Les espèces peu répandues se verront alors peu menacées par le silure. Le silure a pour rôle de réguler les espèces pour libérer de l’espace dans d’autres niches, favorables au développement d’autres espèces. Cela peut surprendre plus d’une personne mais c’est la réalité.

Par exemple, les écrevisses sont très répandues dans le réservoir de riba roja en Espagne. Elles représentent près de 60% du régime alimentaire des silures. Même constatations pour le Lac du Salagou où la prédation des silures sur l’écrevisse américaine permet de diminuer sa concentration, considérée comme espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques.

Le silure laisse donc la chance à des espèces moins répandues de se développer en régulant les espèces les plus présentes.

 

Sur les espèces sédentaires

 

Voici un graphique présentant le nombre de passages dans la passe à poisson Golfech, sur la Garonne, de différentes espèces de poissons de 1993 à 2011. Un graphique tiré de l’étude de Mathieu Guillaume.

 

 

Comme ce graphique nous le présente, aucune diminution flagrante des espèces autres que le silure n’est constatée malgré l’introduction de ce nouveau carnassier. Une étude similaire a été menée au niveau de la passe à poissons de Tuilières de 1993 à 2011. Force est de constater qu’aucune diminution n’a été révélée depuis que le silure est présent. Exceptée une légère diminution de la population de sandre difficile à expliquer. Le silure pourrait être responsable de la délocalisation des sandres par concurrence directe d’où leur absence de passages dans les passes à poissons. En effet, rappelons-le, sandre et silure affectionnent les mêmes zones lors de leur période de chasse, mais également lors de leur période de repos.

C’est grâce aux silures que nos eaux sont de plus en plus propres”, c’est en partie grâce au silure effectivement. En effet, il peut nettoyer les lacs et rivières des cadavres en décomposition, d’où sa nécrophagie active.

 

Sur les espèces de migrateurs

 

Cependant, le silure peut être responsable de la diminution des espèces de migrateurs (lamproie marine, saumon, mulet etc.). C’est le cas à Golfech, dans le Tarn-et-Garonne au niveau d’une passe à poisson assurant la migration du saumon. Grâce à deux caméras installées en amont et en aval de cette passe à poisson, on a pu constater qu’un saumon sur trois est prédaté par les silures. Une véritable menace pour ce salmonidé dont les effectifs sont déjà très faibles.

C’est bien ici que le caractère opportuniste du silure refait surface. Pourquoi le saumon représente-t-il ici une nourriture facile d’accès alors qu’aucune prédation aussi forte n’est constatée en dehors de ces passes à poissons ? Comme dit auparavant, les espèces peu présentes à petit effectif sont peu prédatées par le silure. Si ces passes à poissons n’existaient pas, pensez-vous qu’un saumon sur trois serait prédaté ? Faîtes-moi par de votre réponse dans les commentaires en bas de l’article.

 

Perspectives de l’espèce

 

Durant ces dernières années, le silure a colonisé la plupart des fleuves et rivières français, par l’intervention de l’Homme, ou non. Dû à des conditions idéales pour son développement, les populations de silures dans les eaux françaises ont considérablement augmentées. L’aire d’extension du silure augmentera tout de même, mais à un rythme certainement moins rapide. C’est notamment grâce au réchauffement climatique que le silure a pu coloniser les eaux bretonnes en y trouvant une eau suffisamment chaude pour s’y reproduire correctement. Ayant une croissance continue, on constatera chaque année des silures de plus en plus gros mais, le nombre de silures visera à s’uniformiser pour trouver une certaine stabilité.

Par exemple, le cannibalisme chez le silure est assez présent et permet la régulation de l’espèce. La reproduction du brochet se faisant plus tôt dans la saison, les brochetons pourront profiter d’une alimentation en quantité et facile d’accès que représentent les alevins de silures. En effet, lors de la reproduction des silures, les brochetons éclos quelques mois avant pourront bénéficier de cette nourriture abondante. En guise d’exemple, un brocheton de 6 semaines mesure environ 10 cm.

Comme l’annonce Mathieu Guillaume : ” Dans son milieu d’origine le silure cohabite avec des espèces de poissons similaires à celles des eaux françaises”. “Ces eaux sont connues pourtant pour leur richesse en poisson que ce soit en densité ou en diversité d’espèces.”

 

Pour conclure

 

Bien entendu, en introduisant une espèce non présente naturellement, l’équilibre de l’écosystème sera perturbé. Cependant, aucun impact néfaste sur l’équilibre des eaux françaises n’a été mis en avant.

“Sujet ultra sensible…Tout dépend du milieu où il évolue. Il a sa place. Mais dans certaines conditions il va prélever des sandres, perches, brochets, carpes, anguilles etc.” un internaute. En effet, attention aux petits milieux dont la stabilité est plus fragile. D’autres études seraient nécessaires pour évaluer l’impact du silure dans ces espaces restreints. Introduire le silure dans des petits plans d’eau dont la ressource alimentaire est limitée aurait des conséquences dramatiques. Tant sur les autres espèces présentes que sur l’écosystème en lui-même.

De part sa morphologie et son statut de carnassier, le silure n’est pas passé inaperçu. Qualifié d’ogre des rivières, le silure impressionne et a joué le rôle de bouc-émissaire, responsable du déclin des espèces ou de la pollution des eaux etc. Cependant, aucunes données concrètes n’ont été constatées pour classer le silure comme espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques.

Le silure est désormais présent dans nos eaux françaises, alors il faut le respecter comme tout autre poisson. Le pêcher vous apportera de superbes sensations puisque sa pêche est qualifiée de pêche sportive !

Pensez à laisser un commentaire si vous avez besoin d’une précision ou à l’inverse souhaitez en apporter une, et partager votre expérience ! Attention, cet article n’est pas du tout un article scientifique. Il a pour but de faire une synthèse simple des études menées auparavant pour être comprise par le plus grand nombre.

 

Une version vidéo est disponible !

 

Et n’oubliez pas de partager l’article ! 🙂

À bientôt !

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